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Le regard de l’Ayurvéda sur le Thé

Le regard de l’Ayurvéda sur le Thé

 
Il n’est pas un jour sans que l’on nous vante les bienfaits du thé, pour telle ou telle maladie, donc une petite clarification est de mise.
 
Pour commencer, il nous faut d’abord comprendre qu’en Ayurvéda n’importe quelle substance est analysée selon de multiples caractéristiques et non seulement sur sa composition moléculaire ou phyto-chimique comme la science moderne aime à le faire dans une approche somme tout réductionniste, ou sur l’effet sur les doshas ou selon telle ou telle constitution.
 
 
On prendra en compte par exemple :
 
• Rasa (le goût immédiat)
• Guna (propriétés, attributs)
• Virya (potentiel réchauffant ou refroidissant)
• Vipaka (le goût post-digestif)
• Prabhava (propriétés spéciales)
• Karma / Dosha Karma (actions et actions sur les doshas – à corréler avec la nature de la personne et son état du moment)
• Triguna (propriétés spirituelles)
• Etc.
 
Au niveau du goût, le thé est principalement astringent (et un peu amer parfois) , tout ce qui contient des tannins l’est, c’est le cas pour les écorces par exemple donc le Lapacho peut tomber sous cette catégorie.
 
L’astringence ( Kashaya ) réduit Kapha, augmente Vata, réduit Pitta.
 
Au niveau des gunas ou propriétés : c’est sec, froid et léger, aide à la cicatrisation et réparation des tissus (vulnéraire), absorbant, constipant, asséchant, bloquant, hémostatique, c’est aussi en excès Ahrudya ( néfaste pour le cœur ), peut causer de la fatigue par excès de stimulation ( glapayti ), et causer de l’impotence ( avrushya ).
 
La plupart des substances astringentes sont obstruantes il convient de le noter.
 
Donc même pour Kapha cela peut ne faire qu’aggraver la rétention (parce que bloquant) bien que cela puisse aussi causer de l’émaciation ( parce que asséchant ), tout dépendra du syndrome qui affecte la personne, du dosage et de la préparation qui justifieront si c’est approprié ou non.
 
Autre propriétés du thé entre autre : diurétique (mutrala) parce que asséchant, mais en petite quantité, ce sera bloquant en grande quantité produisant l’effet inverse et diminuant les urines ( mutra sangrahaneeya) ; et stimulant en petite quantité, excitant en grande quantité taxant ainsi le système nerveux (Vata ). En excès toujours, cela causera une stase des aliments et indigestion, flatulence, gastrite, obstruction des méridiens quand en petite quantité c’est digestif.
 
Autrefois, du moins en Inde, le thé était utilisé à usage médicinal ou dans des petites tasses en petite quantité, quand aujourd’hui nous en prenons des tasses et des tasses par jour. Idem pour le café.
 
De plus, et même aujourd’hui, le thé (Chaï) est toujours accompagné d’épices évitant justement l’aspect bloquant, ce sont des épices réchauffantes, un peu piquantes ( cannelle, cardamome, gingembre, etc.)
 
C’est le dosage et l’usage pris en compte avec plusieurs facteurs, qui déterminera principalement son effet.
 
En ayurvéda, tout est poison, rien n’est poison, seule la dose compte.
 
(Ref : Carak Samhita, Ashtanga Hridayam Chap 10. )

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