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Au commencement…était la fraternité.

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« Le christianisme du Moyen-âge disait à l’espèce humaine :

‘Homme, tu es une chose mauvaise dans ta vie terrestre et un ver de terre devant Dieu ; renonce donc à l’égoïsme, vis pour un état futur et soumets-toi à Dieu et à ses Prêtres.’

Les résultats n’ont pas été trop bons pour l’humanité.

La connaissance moderne dit à l’espèce humaine :

‘Homme, tu es un animal éphémère et pas plus qu’une fourmi et un ver de terre pour la nature, une simple petite tache transitoire dans l’univers. Vis donc pour l’état et soumets-toi, tel la fourmi, à l’administrateur diplômé et à l’expert scientifique.’

Cet évangile réussira-t-il mieux que l’autre ?

Le Vedanta (et rajouterais-je toutes les grandes philosophies du monde et la science post-matérialiste) dit plutôt « Homme, ta nature et ta substance ne sont qu’une avec celle de ‘Dieu’, ton âme ne fait qu’une avec celle de tes semblables. Éveille-toi donc et retrouve ta complète divinité ; vis pour ‘Dieu’ en toi-même et dans les autres. » -Sri Aurobindo

De même, Jung évoquait l’idée fondamentale d’un juste syncrétisme (Fusion de différents cultes ou de doctrines; tentative de conciliation des différentes croyances en une nouvelle qui en ferait la synthèse) qui ne peut que nous inspirer et inciter à faire de même avec la science et les différente médecines et démarches de santé qui nous sont proposées aujourd’hui.

« Je ne crois absolument pas que le Christianisme soit la seule et la plus haute manifestation de la vérité. Le Bouddhisme renferme au moins autant de vérité et les autres religions aussi… Jésus, Manès, Bouddha, Lao-Tseu sont pour moi les quatre piliers du temple spirituel. Je ne pourrais donner la préférence à aucun d’entre eux. Mon seul désir est que les théologiens s’intéressent également à la kabbale, à l’Inde, à la Chine pour décrire encore plus précisément la révélation de ‘Dieu’ et pouvoir la proclamer. Si cela conduisait à relativiser en un certain sens le christianisme, cela se ferait in majorem dei gloriam et ne porterait pas atteinte à la doctrine chrétienne. »

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Jésus & Buddha en étreinte.

Dans ce même esprit, les médecines ancestrales, l’ayurvéda, la médecine chinoise, l’allopathie, les grands systèmes de médecine de par le monde, les différentes approches de l’être et de la santé/maladie, sont amenées non plus à se confronter, mais à être confondues, rassemblées.

Est-ce que parce que je sais que la rose est composée de vitamines, de chlorophylle, eux même composés d’oxygène et de carbone, cela changera le fait que c’est une rose ? La médecine moderne s’attardera sur ses composés, et les médecines ancestrales verront les deux, s’attardant sur la vision globale.  La médecine intégrative à naitre devra s’accorder sur une terminologie ou des concordances, et sur une corrélation des visions.

Et pas plus que le clivage ne doit perdurer au sein des différentes approches de santé, comme au sein des religions, il n’est pas non plus amené à continuer entre science et la religion.

En effet, plus la science avance dans ses découvertes quantiques qui n’en sont pourtant qu’à leur balbutiements, plus elle replace une dimension sacrée en l’homme et l’univers.

Car plus un homme est spiritualisé ( et non religieux ) et plus un homme est scientifique ( et non scientiste ) et moins lui sont apparentes les différences dans le monde et moins il souhaite s’enferme dans un système bien qu’il puisse appartenir à une lignée.

« En vérité, celui qui a étudié le mysticisme de sa propre religion c’est-à-dire non pas les exposés formalistes des crédos mais les expériences d’êtres vivants qui se sont efforcés de suivre le sentier conduisant à Dieu, celui-là trouvera que le mysticisme d’une religion est intimement lié au mysticisme d’une autre. Tous les mystiques parlent un langage commun bien que leurs symboles puissent différer. »

De même, tous les grands systèmes de santé ancestraux s’accordent sur des concepts fondamentaux, bien que leur terminologie et leur approche puissent différer.

Cette différentiation n’est plus à voir comme une opposition mais bel et bien comme un enrichissement.

Comme le disait Dhan Gopal Mukerji, il nous est inutile de s’installer en route et comme des boutiquiers, offrir nos marchandises et en vanter les mérites en dépréciant les produits du voisin. Il convient d’oser se permettre d’avancer ensemble (puisque la quête de connaissance est infinie) jusqu’à ce point où avec notre cœur nous avons touché un autre cœur, éteignant par la même nos vaines querelles tout en enflammant notre cœur à la vie.

Le sacré n’appartient à aucune religion ni à aucune institution. La vérité n’appartient pas non plus à une science ou un système.

Et bien que de nos jours suivre une ordonnance relève presque d’un acte de foi et que beaucoup de théories scientifiques soient soutenues avec une ferveur et une conviction religieuse, tout ce qui se veut affirmatif et dogmatique et surtout inébranlable, révèle en fait toute sa fragilité. Ce qui est solide et stable dans ce monde est souvent ce qui est souple, ou qui, tout du moins, a une qualité d’adaptation et de flexibilité, de transformation. La soie. Le roseau.

« Quand l’homme naît il est souple et faible ; à sa mort il est rigide et dur. Les plantes à leur naissance sont souples et fragiles. À leur mort, elles sont sèches et dures. Ce qui est dur et fort va vers sa mort. Ce qui est souple et faible va vers la vie. » -Lao Tseu

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Van Gogh , The Starry Night. Son trait de crayon semble dépeindre deux concepts scientifiques des plus complexes: la relativité, et la turbulence.

En fait, bien loin d’être un accomplissement, chaque découverte ne devrait qu’être une étape dans la pensée et dans la connaissance, nous permettant non pas tant d’exposer notre savoir mais plus en avant nos ignorances, et soulever autant de questions. Le but de la science est perdu dès lors que celle-ci se cache sous des volumes de poussières, car la démarche scientifique est moins de découvrir que de ne cesser de chercher.

La Science réelle et en émergence dont nous avons besoin est une science prête à changer et se remettre en question, qui considère les récentes découvertes comme les plus anciennes sagesses, qui invite la critique, qui cherche des résultats vérifiables et fondés sans s’attacher à aborder le problème d’un seul angle, qui reconnait ses limites. Il est assez de l’ancienne pseudoscience aux idées fixes et figées, ne sélectionnant que les découvertes qui permettent d’appuyer ses intérêts, qui voit toute critique comme conspiration, dont la vision est limitée et limitante tout en se perdant dans un généralisme avilissant.

Lorsque je vous invite à renaitre la médecine, j’entends quelque chose qui aura « pour dogme l’unité du monde et la parenté des êtres ; pour culte la vie intérieure ; pour objet la réconciliation de la science et de la foi. » – M. De Vogue, inspirée d’une ambition de concilier l’Orient et l’Occident pour que chacun apprenne des leçons l’un de l’autre sous l’arbre de l’Amour.

-Emmanuelle Soni-Dessaigne, L’Amour Médecin

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